Cesser de chercher l'amour : la voie que personne n'ose proposer
« C'est quand on arrête de chercher que ça arrive. » Tout le monde a entendu cette phrase; presque personne ne la prend au sérieux. Elle agace, même — comme si l'on demandait à une personne assoiffée de cesser d'avoir soif. Et pourtant, les sagesses du monde entier la répètent depuis des millénaires, chacune dans sa langue : ce qui est cherché avec crispation se dérobe; ce qui est accueilli avec confiance advient.
Comprenons d'abord ce que cesser de chercher ne veut pas dire. Ce n'est pas renoncer à l'amour. Ce n'est pas s'enfermer chez soi en attendant un miracle. Ce n'est pas l'indifférence déguisée en sagesse.
Cesser de chercher, c'est cesser de chercher comme on cherche ses clés avec anxiété, en retournant chaque recoin, en soupçonnant chaque instant de nous faire perdre du temps. C'est déposer la crispation, pas le désir. La nuance est immense : le désir ouvre, la crispation ferme. Une personne en quête anxieuse scrute chaque rencontre en se demandant « est-ce lui ? est-ce elle ? » — et cette avidité même rend la rencontre impossible, car l'autre sent qu'on cherche une réponse, pas une personne.
Il existe une patience qui ne ressemble en rien à l'attente passive. Elle travaille en silence, comme la graine sous la neige de janvier, qui n'a rien à prouver et pourtant prépare, dans l'obscurité froide, toute la promesse du printemps. Cesser de chercher, c'est habiter cette patience-là : vivante, confiante, occupée à devenir soi.
Car voici le secret que la course masque : le travail véritable n'est pas de trouver l'autre, mais de se rendre trouvable. Connaître ses valeurs. Avoir fait la paix avec ses blessures — ou du moins, avoir commencé. Savoir ce que l'on offre. Être, quand la rencontre viendra, une personne entière plutôt qu'une moitié affamée.
C'est sur cette conviction que Synchronicity est bâti. On n'y cherche pas : on s'y présente, une seule fois, en vérité, à travers un entretien d'âme. Puis on dépose la quête — littéralement — entre les mains de ce qui nous dépasse, pendant qu'une présence humaine veille et accorde les résonances, une à une. Le reste appartient au temps juste.
Vous avez cherché. Peut-être est-il temps d'essayer l'autre voie.
— Mario Morini, fondateur de Synchronicity